
C’est l’un des sites archéologiques
les plus précieux de Tunisie, car l’unique,
jusqu’à nos jours, dont la fondation
remonte à l’époque punique
– peut-être au VIe siècle
av. J-C. – et que les Romains n’ont
pas reconstruit après l'annexion de l'Afrique
à l'empire romain, nous léguant
ainsi un espace urbain, celui d’une petite
cité qui n’a pas encore été
identifiée, typiquement punique.

Apparemment abandonnée après sa
destruction par le consul romain M. Atilus Regulus
en 256 av. J.C avant d’être redécouverte
au début des années 50 du siècle
dernier, la ville avait été pour
ainsi dire arasée. Mais les vestiges nous
offrent aujourd’hui le plan d’une
cité typiquement punique, avec le tracé
très net de maisons dotées de toutes
les commodités (baignoires et fours compris),
décorées de pavements de mosaïques
primitives dont l’une figurant la déesse
punique Tanit.
Cité côtière, Kerkouane
a été dotée d’un port
dont subsistent encore quelques tronçons
; elle devait s’adonner au commerce avec
d’autres ports méditerranéens
vers lesquelles elle exportait des produits agricoles
mais aussi artisanaux, à l’instar
de tissus teint en pourpre, des installations
de fabrication de cette substance ayant été
découvertes près de la côte, de
même que les boutiques d’un quartier
commerçant. Un musée regroupant
quelques objets découverts sur le site,
a été erigé à l'entrée.
|