| C’est le plus ancien
et le plus important des musées tunisiens.
Il a été aménagé,
voilà plus d’un siècle, dans
l’enceinte d’un palais beylical, érigé
dans sa plus grande partie vers le milieu du XIXe
siècle et qui porte toujours le faste d’une
résidence princière. Partiellement
réaménagé à plusieurs
reprises pour s’adapter à l’agrandissement
des collections et à l’accroissement
du flux des visiteurs, il fait actuellement l’objet
d’un vaste plan de restructuration pour
en améliorer la visibilité et le
parcours.
Des milliers d’objets provenant de fouilles
effectuées à travers le pays au
cours des XIXe et XXe siècles
y sont exposés. Ces objets, regroupés
par départements et répartis dans
une cinquantaine de salles et de galeries, reflètent
les diverses étapes traversées par
la Tunisie, depuis la préhistoire jusqu’au
milieu du siècle dernier. Ce sont, par
ordre chronologique : la préhistoire, la
période punico libyque, les périodes
romaine et paléochrétienne, avec
les séquences vandale et byzantine et,
enfin, la période islamique qui court jusqu’à
l’époque contemporaine.
Le musée du Bardo s’est taillé
une réputation mondiale grâce à
sa collection de mosaïques, considérée
comme la plus riche, la plus variée et
la plus raffinée et qui trouve parmi ses
plus belles illustrations les tableaux représentant
Virgile entouré de muses, ou le pavement
représentant Dionysos faisant le don de
la vigne à Ikarios, ou cet autre célébrant
le triomphe de Neptune, pour ne citer que quelques-unes
des pièces maîtresses. Mais ce n’est
pas là l’unique richesse du musée.

Parmi les Pièces majeures du Bardo, il
faut citer l’ « hermaïon »,
un autel d’époque moustérienne
(-40.000 ans) considéré comme l’une
des toute premières formes d’expression
spirituelle de l’humanité : un amas
de forme conique de 75cm de haut pour 1,50m de
large et composé de plus de 4.000 silex,
ossements et boules calcaires.
De l’époque punique, il faut signaler
la superbe armure en or massif d’un guerrier
campanien, les bijoux, la stèle du prêtre
portant un enfant au sacrifice ; sans compter
les nombreux objets de mobiliers funéraires
raffinés en provenance de divers pays méditerranéens
et qui constituent les fonds grec et égyptien
du musée.
Le fonds grec a été providentiellement
enrichi par le fruit de fouilles, effectuées
dans les années 40 au large de la ville
de Mahdia, dans l’épave d’un
bateau coulé par la tempête vers
le premier siècle et qui transportait le
mobilier et des éléments d’architecture
d’une demeure patricienne d’époque
hellénistique. Parmi les chefs-d’œuvre
ramenés des fonds : un superbe Agôn
en bronze de 1,20 m de haut.
L’époque romaine a fourni l’essentiel
des collections du Bardo : mosaïques, bien
sûr, mais aussi statuaire, poterie, bijoux,
monnaies, objets de culte, objets usuels, etc.
Le département islamique renferme, dans
un cadre arabo-islamique, des objets de diverses
périodes, manuscrits, bijoux, pierres et
bois ouvragés, objets usuels du terroir.
Autour d’un élégant patio,
deux petites pièces renferment des objets
ayant appartenu à la famille régnante,
et une troisième pièce renferme
des objets de culte israélite.
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