C’est l’un des monuments
les plus curieux, les plus étonnants, non
seulement de l’île de Djerba, mais
de tout le patrimoine architectural ancien de
Tunisie.
Vu de loin, dans sa «campagne» djerbienne,
il présente l’apparence de l’harmonie
des édifices religieux de l’île.
De plus près, on est surpris par les dispositions
et la «désarticulation» d’un
ensemble duquel émane cependant une transcendance
qui subjugue le visiteur.

Le monument, daté du XIVe
siècle, se compose de trois sous ensembles
:
• une salle de prières s’élevant
au milieu d’une cour clôturée
dont le sol est couvert d’un enduit de chaux
;
• des dépendances intérieures
comprenant une salle principale qui abritait l’enseignement
coranique flanquée de deux petites pièces
destinée l’une au logement, l’autre
pour garder les réserves alimentaires ;
• des dépendances extérieures
comprenant une salle pour les ablutions rituelles
et une école coranique, auxquelles font
pendant un moulin à grains et une boulangerie
souterrains !
La salle des prières, massive, dotée
d’un minaret trapu, et dont les murs extérieurs
ont été consolidés par des
contreforts, trahit des préoccupations
militaires : c’est que la mosquée
Fadhloun appartenait à une chaîne
de mosquées guère éloignées
des côtes et qui représentaient une
deuxième ligne défensive en cas
d’attaque ennemie.
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